L’échec, un tremplin vers la réussite?

Nous voulons  tous, d’une façon ou d’une autre, vivre du succès et cumuler des réussites. Toutefois, pour plusieurs, il est difficile d’accepter un échec car ce genre de coup dur est souvent vécu comme une cuisante défaite. Pourtant, il ne fait aucun doute que l’échec est au cœur de la réussite. Bill Gates, Oprah Winfrey, Michael Jordan et Steve Jobs sont des exemples de réussite qui ont dû passer par l’expérience humiliante de l’échec. Contrairement, à la croyance populaire, l’échec représente un allié important dans le parcours vers l’accomplissement personnel.

La peur de l’échec garde dans le statut quo et empêche la réaliser de son destin

Selon moi, expérimenter un échec implique une seule chose :  vous êtes passée à l’action. Vous avez tenté le coup et vous avez osé prendre un risque pour avancer dans votre vie. Or, la peur de l’échec incite à rechercher la sécurité, à procrastiner, à hésiter ou à demeurer dans l’inaction.

Si vous voulez changer votre situation professionnelle ou expérimenter une transformation dans votre vie, vous devez apprendre à gérer la peur de l’échec.

D’une part, l’évitement ne rend service à personne. En effet, vous ne tentez rien de nouveau et vous ne pouvez découvrir ce dont vous êtes capable. D’autre part, l’une des meilleures façons de se développer et de s’améliorer consiste à revisiter ses échecs. Même si peu s’adonne à ce judicieux exercice de rétrospection étant donné l’inconfort et les désagréments qu’il peut occasionner, il n’en demeure pas moins essentiel au développement professionnel et personnel.

En consultation, je remarque fréquemment que certains clients se fixent des objectifs de changement avec la vision d’un parcours linéaire sans accrocs ni obstacles dans l’atteinte de leurs buts. Cette vision idéaliste du développement personnel est tellement éloignée de la réalité.

 

La vie n’est rien d’autre qu’une longue course à obstacles avec son lot d’écueils. Ce serait fait preuve d’une grande inconscience que de croire le contraire. Réaliser son destin et concevoir une vie qui nous ressemble et qui nous allume requiert l’audace de tenter de nouvelles expériences même si cela implique la possibilité d’échouer. Il s’agit d’un risque à prendre pour briser le statu quo et oser l’aventure qu’est notre vie.

Il y a plus à apprendre dans un échec que dans une réussite

«Échoue vite; échoue souvent.» Ce dicton de la Silicone Valley explique clairement, à mon avis, l’unique fonction de l’échec : celle d’apprendre de ses erreurs. Chaque échec vécu est une opportunité de découvrir ce qui n’a pas fonctionné et d’essayer à nouveau une approche ou une méthode plus efficace pour atteindre son but.

D’ailleurs, l’inventeur de l’ampoule électrique, Thomas Edison,  résume avec brio ce fait avec sa citation célèbre : «Je n’ai pas échoué. J’ai simplement trouvé 10 000 solutions qui ne fonctionnent pas».

Rick Chandler, plusieurs fois champion oratoire chez ToastMasters déclare qu’il a appris davantage de ses échecs que de ses réussites.

Considérer ses erreurs comme des occasions d’apprentissage requiert de l’humilité et un lâcher-prise de ses a priori. Après tout, nous  ne sommes que des éternels étudiants de la vie, donc faillibles. Ce besoin de ne pas perdre la face cache un estime de soi fragile basée sur une image de soi négative. Paradoxalement, la peur de l’échec fragilise davantage l’estime de soi.

Or, l’échec est simplement une rétroaction informant qu’il existe des actions plus efficaces pour d’atteindre un objectif que celles choisies.

Donc, la  prochaine fois que vous ferez face à l’une de vos erreurs,  je vous invite à adopter une attitude ouverte en vous demandant ce que vous auriez pu faire autrement.

Lorsque nous apprenons de nos erreurs, nous développons de l’expérience, un savoir tellement précieux.

Sur le marché du travail, les employés qui ont de l’expérience sont bien rémunérés à cause d’une seule chose : ils ont appris de leurs erreurs.  Il existe une valeur incalculable attachée à la sagesse qui accompagne l’expérience.

Par contre, tant que vous n’aurez pas essayez, vous ne saurez pas ce qui fonctionne ou pas. Les grandes compagnies lancent des prototypes justement en attente d’échecs pour en rectifier leur tire et faire en sorte que leur produit devienne optimal.

Voilà pourquoi, à partir de maintenant, voyons l’échec comme une expérience, c’est-à-dire comme une acquisition pratique d’une nouvelle connaissance ou d’un fait qui servira de tremplin vers le succès.

Revisitons nos échecs et apprenons  de nos erreurs pour en tirer profit, car craindre de vivre des échecs se résumerait tout simplement à vivre sa vie à moitié. 

Et ça, ce serait inacceptable! Nous ne sommes pas sur cette terre pour être qu’une moitié de nous-mêmes sans plus. Cessons de nous cantonner dans notre zone de sécurité et de demeurer complètement inconscient des réalisations et accomplissements qui n’attendent que nous pour devenir réalité.

Développons notre courage face à la peur de l’inconnu, prenons nos responsabilités envers nous-mêmes en cas échec afin de plus nous priver d’apprentissages enrichissants, et de vivre de belles réussites.

L’échec ne détermine pas votre valeur

Vos résultats ne déterminent pas la personne que vous êtes ni celle que vous pouvez devenir. Cette confusion entre le savoir-faire et le savoir-être, en plus d’être courante, contribue à une seule chose : redouter davantage l’échec et à vivre de l’anxiété de performance.

La société dans laquelle nous vivons valorise la réussite et le succès. Ce désir de se surpasser et de toujours faire mieux peut, chez certains, créer cette obsession de réussir à tout prix. Toutefois, je le répète : votre valeur ne dépend pas de ce que vous accomplissez ni de ce que vous faites.

Le regard d’autrui ne peut définir votre identité sauf si VOUS le permettez.

Les résultats de votre vie n’ont pas à définir qui vous êtes sauf si VOUS le permettez.

  • Vous voulez changer d’emploi? Faites-le.
  • Vous voulez démarrer votre entreprise? Faites-le.
  • Vous voulez dire non aux demandes impromptues d’un collègue de travail? Faites-le.
  • Vous voulez cette promotion? Alors, allez la chercher.

N’acceptez plus l’échec comme une honte, ce sentiment d’être perpétuellement en faute. Arrêtez de croire que les opinions d’autrui sont la vérité et doivent faire office de loi dans votre vie pour déterminer si vous êtes une bonne personne  ou pas,  si vous êtes  aimable ou pas, si vous êtes capable ou pas, etc. Laissez votre identité et vos valeurs vous guider dans vos choix et dans vos actions.

Vous êtes déjà toute la personne dont vous avez besoin d’être aujourd’hui et maintenant.

 

Seulement vous l’ignorez  car  vivre dans sa zone de sécurité ne requiert  nullement le déploiement de ses forces : vous n’avez aucun nouveau défi à relever qui nécessite l’usage de votre potentiel. Focalisez votre attention sur ce  que vous voulez, sur ce qui est important  pour vous. Lorsque vous vivrez un écueil, assurez-vous  de vous relever en vous rappelant ce que vous voulez atteindre et accomplir.

Oubliez  ce que les gens  pensent de vous et mettez le focus sur votre agenda.

Le moment est venu de devenir autonome et de ne plus avoir à compter sur l’opinion d’autrui pour exister.

En tant qu’adulte, valorisez vos forces et apprenez à  aimer votre vulnérabilité. Aimez ce qui fait de vous un humain, une personne normale. L’échec et les erreurs commises vous rendent plus forts parce que vous êtes plus grand que vos réalisations.

Soulignez vos succès et célébrez vos bons coups

Alors, comment faire pour tempérer le sentiment d’échec et de honte? Comment rebondir suite à un échec? Face à une défaite, plusieurs attitudes sont possibles :

  • s’attarder sur ce qui n’a pas fonctionné et voir uniquement le négatif et ce qu’ils ont perdu;
  • Amplifier les conséquences d’erreurs commises ou en banaliser l’importance (je me suis trompé! C’est la catastrophe);
  • Rattacher l’échec à sa personnalité ( je suis pas bonne ou pas capable / je fais tout le temps des erreurs);
  • Se motiver par des fausses obligations tels «je devrais», «il faut» (Je dois être parfaite lors de mon entrevue d’embauche / tout doit être parfait).

Ces schémas de pensées tordues génèrent uniquement que des émotions désagréables et des sentiments douloureux  qui mettent l’accent uniquement sur le négatif.

Il est difficile d’augmenter son potentiel au bonheur  et au succès lorsque nous baignons dans le négatif.

Alors, il est impératif de focaliser son attention sur le positif  dans sa vie en soulignant ses succès et en célébrant ses bons coups.

Apprenez à vous arrêter et à contempler ce que vous avez accomplir et prenez-en le crédit.

Célébrer ses bons coups permet au succès de pénétrer son identité, de construire une image de soi plus positive et de développez sa confiance en soi.

Acceptez l’idée que même au travers des défaites et des erreurs commises, vous avez posé des actions pour progresser et qui vous ont mené à l’extérieur de votre zone de familiarité.

Le vrai échec n’est pas d’avoir essayé et accuser un coup dur. Non. le vrai échec est de pas avancer dans sa vie et de n’avoir rien tenté pour progresser. Ça, c’est un vrai échec.

Comprenez que le résultat final ne peut éclipser le courage, l’audace et la foi qui vous ont incité à bouger. Honorez votre personne et l’attitude audacieuse et pleine de foi dont vous avez fait preuve en décidant de tenter le coup.

Voici un exercice très simple. pour vous aider:

Faites une liste des obstacles que vous avez déjà rencontrés et écrivez comment vous avez réussi à les surpasser. Prenez le temps de contempler vos efforts qui ont engendré vos réussites.

Accueillez votre peur de l’échec

Comment venir à bout de l’inertie ou l’inaction provoquée par votre peur de l’échec? Et oui! La procrastination, l’hésitation, l’indécision, l’inaction sont diverses formes d’évitement.

Refouler la peur est une stratégie qui peut fonctionner dans le court terme; toutefois, dans le long terme, cette peur revient encore plus forte et elle tétanise.

Par, conséquent, il est nécessaire d’apprendre à gérer ses peurs en faisant le point. Premièrement, comprenez l’émotion nommée peur. La peur réelle est celle ressentie lorsque notre intégrité physique est menacée et que notre vie est en danger.

La deuxième catégoriede peur, qui est la plus commune, est tout simplement une vision négative du futur. Cette projection pessimiste de l’avenir est une illusion parce que la situation  alarmiste n’existe pas dans le moment présent.

 

Toutefois, la peur semble réelle parce qu’elle provoque des sensations physiques intenses.

 

Ressentir une forte peur ne signifie pas que cette peur reflète la réalité.

 

Dans un premier temps, apprenez à prendre de la distance avec vos émotions. Voici un petit exercice simple pour vous aider à défusioner d’une peur :

Au lieu de dire «Je suis ne pas capable» ou encore «J’ai peur de tout foirer», dites plutôt : «J’ai la PENSÉE que je ne suis pas capable» ou «J’ai la PENSÉE que j’ai peur de tout foirer».

 

Ce simple exercice permet de sortir de sa tête et de prendre de la distance des émotions désagréables envahissantes.

 

Dans un deuxième temps, reconnaissez simplement que vous avez peur et que vous vous sentez fragile. Faites de la place à vos peurs. Ne cherchez plus à les éviter ou à les combattre. Les émotions sont faites pour être vécues et elles ne durent qu’un moment, donc ne les étouffez plus.

Dans un troisième temps, posez-vous les trois questions suivantes :

Qu’est-ce que je veux vraiment?

Quelle est la plus petite action qui me permettrait de bouger vers ce que je veux?

Suis-je disposée à bouger vers ce qui est important pour moi avec mes peurs?

Ces trois questions apportent de la clarté tout en accueillant ses peurs. Accueillir ses peurs nous enseigne à nous AIMER et d’arrêter de JUGER nos vulnérabilités en apprenant à aimer ses lacunes et ses faiblesses.

Plus vite, vous passerez à l’action, plus vite vous apprendrez de vos erreurs et plus vite vous vivrez de beaux accomplissements.


Sandra Chéry, conseillère d’orientation , coach, conférencière et formatrice en leadership et développement professionnel chez JOHN MAXWELL TEAM, est spécialiste en valorisation de potentiel et en reconversion professionnelle. En plus d’offrir des services d’orientation professionnelle et en coaching de carrière aux professionnels et entrepreneurs désireux de réussir leur projet de vie, elle exerce en pratique privée et offre des conférences en entreprise. Elle accompagne également en contexte de transitions professionnelles et personnelles ainsi qu’en épuisement professionnel.

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