Leçons d’entrepreneuriat pour une transition de carrière réussie

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Cela fera bientôt sept ans, lorsque j’ai décidé de changer carrément de carrière. Je savais à cette époque que j’exercerais à mon compte en tant que travailleuse autonome. Par contre, je n’avais pas la moindre idée de l’aventure qui m’attendait au tournant. Et, croyez-moi, c’est toute une aventure. En aidant plusieurs professionnels désireux de changer de carrière, je me suis rendu compte  que l’entrepreneuriat et le changement de carrière comportaient certaines similitudes. D’ailleurs, avec mes clients, il m’arrive souvent de citer des exemples tirés de l’entrepreneuriat pour approfondir la réflexion sur la transition de carrière.

Décider de changer de carrière est un projet de vie important qui nécessite temps, engagement et motivation. Qui plus est, cela demande du courage car le travailleur entame une réflexion intérieure de fond en acceptant de faire face à ses résistances personnelles, à ses craintes et à ses croyances qu’il devra déconstruire. Le sérieux de ce genre démarche demande une vision lucide de  la réalité du travail afin de mettre toutes les chances de réussite de son côté.

Étudier son projet

Avant de se lancer à son compte, il est fortement recommandé d’effectuer une étude de marché. Pour l’entrepreneur, il est important qu’il connaisse sa clientèle cible et les réalités du marché en termes de concurrence et de besoins pour optimiser son positionnement. Une telle étude permettra également une offre de services claire. En réorientation, le travailleur souhaite réfléchir en profondeur à son futur projet professionnel en étudiant le marché de l’emploi, certes,  mais en tenant compte de sa réalité intérieure également. Une telle réflexion augmente le succès et le bon déroulement de la transition. Quelques exemples de questions pour approfondir cette réflexion sont :

  • Quels sont les talents et compétences je souhaite mettre de l’avant?
  • Quelle culture d’entreprise ou environnement de travail me permet de mieux performer?
  • Quelles sont les valeurs que je souhaite retrouver dans mon prochain emploi?
  • Quels sont les conditions de travail sur lesquels je ne ferai aucun compromis?

Dans un deuxième temps, rencontrer des professionnels qui exercent le métier de prédilection permettra de côtoyer une autre réalité et de comprendre les enjeux qui y sont rattachés. J’encourage même à faire du bénévolat dans le métier en question (lorsque possible) pour valider les impressions.

Comprendre que cela prend du temps

Démarrer une entreprise exige du temps, de l’effort et de la persévérance. Rare, les entrepreneurs qui ont développé une entreprise viable en peu de temps. De la même façon, changer de carrière exige beaucoup de temps : du temps pour réfléchir à ce que l’on veut vraiment; du temps pour comprendre pourquoi on demeure bloqué dans une situation professionnelle insatisfaisante; du temps pour un éventuel retour aux études ou encore du temps pour mener à bien la recherche d’emploi. Ne vous y m’éprenez pas, rien de tout cela ne peut se faire en criant lapin. Je suis toujours surprise d’entendre des gens en consultation qui veulent changer de carrière en moins de 3 mois…Comme disait un collègue entrepreneur à qui je partageais mes frustrations, il est important de respecter le temps que prend le processus. Changer d’emploi ou de carrière exige de la persévérance et  beaucoup de temps.

Avoir des moyens financiers solides

La section la plus importante d’un plan d’affaires est celle qui porte sur le financement. Un bon plan de financement atteste de la viabilité et du sérieux  du projet entrepreneurial. Sans trésorerie de départ, il est difficile de faire face aux coûts de démarrage d’une entreprise. Il en est de même lorsqu’un changement de carrière est envisagé. La réalité est que bien souvent ceux qui souhaitent changer de carrière ont oublié cette importante variable de l’équation ou ils évitent d’y penser.

 Primo, se faire accompagner dans une réflexion sur un changement de carrière comporte un investissement important de la part du travailleur. Secundo, peu importe les décisions ou les options envisagées, un effort financier sera de mise: un retour aux études, passer à un horaire de travail à temps partiel, prendre une sabbatique sont autant d’alternatives qui demandent un ajustement au niveau des finances. Tercio, l’important est d’avoir une discussion sérieuse avec son partenaire de vie, conseiller financier ou de revoir à la baisse son budget afin que la transition de carrière soit financièrement viable. Si l’argent devient un facteur critique, alors il est préférable de reporter le changement de carrière jusqu’au moment où les économies seront au rendez-vous.

Finalement, changer de carrière est peut-être la meilleure chose à faire pour redonner un second souffle à sa situation professionnelle (je ne regrette pas de l’avoir fait!) Toutefois, il est important de planifier cette transition de vie pour éviter d’autres déboires.

 

Sandra Chéry, conseillère d’orientation, exerce en pratique privée. Elle est spécialiste en reconversion professionnelle en plus d’offrir des services en orientation professionnelle et en coaching de carrière aux adultes désireux de réussir leur cheminement professionnel. Elle accompagne également en contexte de transitions professionnelles et personnelles ainsi qu’en épuisement professionnel.

CE RÊVE QUI NE S’EST PAS RÉALISÉ DANS VOTRE CARRIÈRE

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Vous avez l’impression de tourner en rond dans votre emploi actuel. Vous aimeriez relever de nouveaux défis dans un nouvel emploi ou sentir que ce que vous faites compte. Mais  quelque chose vous retient parce qu’à l’intérieur de vous-mêmes, vous attendez un événement qui tarde à arriver…

Lorsque que le rêve n’est pas au rendez-vous

Les attentes déçus et les rêves professionnelles qui ne se réalisent sont des causes rarement mentionnées ou à peine effleurées  dans la compréhension d’une insatisfaction au travail. Et avec raison! Il n’est pas facile de reconnaître une situation qui aurait dû se concrétiser mais qui, finalement, ne se réalise jamais.  Bien souvent, cette déception se vit dans le silence et la vie continue…

Quelques exemples de ces espoirs déçus sont :

  • un poste convoité où tout semblait indiquer son obtention éminente
  • une promotion qui file entre les doigts de justesse
  • plusieurs postes pour lesquels vous avez passé des entrevues mais jamais reçu d’offres
  • une permanence qui aurait dû vous être offerte suite au départ d’un collègue à la retraite
  • la prise de conscience que les conditions de travail d’un emploi ne correspondent pas à ce que vous vous attendiez
  • le licenciement qui met fin à un emploi que vous espériez garder longtemps
  • le refus d’admission dans le programme universitaire de votre choix

Les possibilités sont nombreuses mais le résultat demeure le même : une cruelle déception gardée sous silence.

Faire le deuil

Dans de telles circonstances, il est important de faire le deuil de ces aboutissements qui ne verront jamais le jour. Tant et aussi longtemps que cette déception restera sous silence, il sera difficile de passez à autre chose. Ne rien dire se résumerait à prétendre que rien ne s’est passé et que la tournure des événements est satisfaisante alors que c’est FAUX. Reconnaître ces espoirs déçus aide à boucler la boucle pour avancer dans son cheminement professionnel.

J’utilise une série d’étapes pour aider mes clients à nommer et à reconnaître cette partie de leur histoire qu’il auraient voulu voir évoluer différemment. Il n’est pas obligatoire de compléter toutes les étapes en question; toutefois, plus il y a d’étapes complétées et plus vite la boucle sera bouclée pour enfin passer à autre chose. Au fil de cette réflexion, si le constat est qu’il n’y a plus d’espoir pour le rêve non-réalisé,  la mise en place d’un rituel permet de tourner la page pour poursuivre le parcours carriérologique. Encore une fois, le plus important est de fermer la boucle en mettant en place une action significative qui enverra un message à la conscience et  au subconscient que le moment est venu pour passer à autre chose.

Si vous vous reconnaissez dans ce que je viens de vous partager, je vous invite à cliquez sur le lien ci-dessous pour obtenir le pdf des étapes à suivre pour donner une voix à votre rêve déçu:

 

PDF – CE REVE QUI NE S’EST PAS RÉALISÉ DANS MA CARRIÈRE

 

Sandra Chéry, conseillère d’orientation, exerce en pratique privée. Elle est spécialiste en reconversion professionnelle en plus d’offrir des services en orientation professionnelle et en coaching de carrière aux adultes désireux de réussir leur cheminement professionnel. Elle accompagne également en contexte de transitions professionnelles et personnelles ainsi qu’en épuisement professionnel.

Blackface:Minorités visibles dans les médias?

Bert_Williams_blackface_2Après m’être m’absentée 2 jours dans les Laurentides pour participer à une retraite pour femmes entrepreneures, j’étais surprise de constater à quel point la question du blackface avait fait boule de neige. Loin de vouloir contribuer au débat d’un Québec raciste ou pas, en tant que conseillère d’orientation issue de la minorité visible je me questionne sur la perspective carriérologique de cette question.

Ce qui me chicotte réellement est la déclaration de Louis Morissette affirmant avoir dû embaucher un Noir afin d’éviter une controverse! Mais, pourquoi utiliser la technique de la blackface alors qu’il aurait été plus simple d’engager un comédien Noir? Et bien, Robert Aird fournit un élément de la réponse; les comédiens Noirs sont sous-représentés donc difficiles à trouver et à embaucher. Pourquoi cela ne m’étonne pas?…Et, que dire des comédiennes Noires! Leur situation est encore plus critique.

Dans les faits, la question de la diversité culturelle sur la scène artistique québécoise ne date pas d’hier! Je me souviens lorsque j’étais au cégep à quel point j’étais excitée de regarder la série Jasmine! C’était la seule protagoniste ¨noire¨ (alors que Linda Malo est mulâtre) d’une série télévisée québécoise à laquelle je pouvais m’identifier. C’était en 1996 et il y avait très peu de vedettes noirs à la télévision! En 2009, 13 ans plus tard, un sondage de Léger Marketing sur la représentation des minorités culturelles dans les médias concluaient encore que les minorités visibles s’estimaient sous-représentés et la présidente du Conseil des relations culturelles abondaient en ce sens. Comme quoi que les médias prennent du temps à s’adapter à la nouvelle réalité culturelle québécoise. Pourtant, la Belle Province reçoit plus de 40 000 immigrants à chaque année depuis 2004!

À vrai dire, dans ce débat de la blackface, jamais il n’a été fait mention des obstacles auxquels les comédiens Noirs font face dans leur intégration socioprofessionnelle. Réalisons que cette technique de la blackface réduit les possibilités pour un comédien Noir d’exercer un métier pour lequel il a été formé, qui lui plait et de démontrer que l’intégration professionnelle des minorités visibles est chose possible dans le domaine des arts et de la culture au Québec.

La faible représentativité des minorités visibles dans les médias demeure une réalité sociale – troublante certes – qui a une incidence sur développement de carrière des comédiens Noirs. Bien des raisons peuvent expliquer cette faible représentativité: peu choisissent de faire carrière dans ce milieu, les comédiens Noirs sont rarement pressentis pour des premiers rôles et l’identité Noire, véhiculés par des rôles stéréotypés dans les médias, est souvent négative. Sérieusement, quel adolescent noir aurait envie de devenir comédien en regardant à la télévision le genre de rôles susceptibles de lui être proposés. Est-ce là l’identité social que les médias on a lui proposé? C’est que l’identité est au cœur du choix de carrière. Par exemple, moi, j’ai passé une partie de mon adolescence, période charnière de la formation de l’identité soi dit en passant, à regarder le sitcom américain The Cosby Show qui véhiculait une image forte et positive de la culture noire en général. C’était l’un des rares programmes de télévision auquel je pouvais m’identifier et qui se rapprochait de ma réalité: le sujet abordait la vie d’une famille Noire New Yorkaise…Bon, j’avais de la parenté à New York, donc cela faisait l’affaire.

Pour ma part, la controverse entourant l’usage de la technique de la blackface au Québec m’envoie le message que la société québécoise peine encore à accueillir la diversité culturelle en son sein artistique. J’apprécie que Fayolle Jean personnifie le Docteur Laramée dans la série Pour Sarah ou que Miriam Verger campe une avocate le temps d’un épisode dans Unité 9 en plus de jouer Béthiane dans Yamaska certes. En attendant que des premiers rôles soient offerts à des comédiens issus des minorités visibles comme dans Hairspray et Rock’n Nonne de Madame Filiatrault, je pense que la route demeure encore longue pour une plus grande intégration professionnelle des Noirs dans le milieu artistique et culturel d’un Québec qui se dit et qui se veut interculturel.